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Lettre Sucre n°36 – L’édito de Philippe Labro

Le pari de l’avenir

“L’année 2017 aura été un tournant marquant pour la filière Canne-Sucre réunionnaise, à plusieurs titres. Je pense naturellement en premier lieu à la fin des quotas sucrierset à la libéralisation du marché du sucre en Europe.
Ce défi a été relevé avec succès et de manière collective ! Et ce, grâce à l’action menée de concert par tous les acteurs de la filière, planteurs, industriels, partenaires, et en particulier au soutien majeur de l’Etat et de l’Europe.

Réjouissons-nous que l’industrie sucrière des DOM bénéficie désormais d’un dispositif spécifique, adapté à ce nouveau contexte économique du secteur sucrier européen. Ce dispositif offre une visibilité à long terme à l’ensemble
de notre filière ultramarine et nous permet d’affronter sereinement ce bouleversement de grande ampleur. 2017, c’est aussi la signature du volet B de la Convention Canne, pour la période 2017-2021, qui a pu se faire grâce aux garanties obtenues et aux efforts consentis conjointement.

Planteurs et industriels bénéficient, grâce à cette Convention, de garanties fortes, indispensables dans ce nouveau contexte post-quota de marché libéralisé. C’est la meilleure convention signée depuis 30 ans, en particulier pour les planteurs. En effet, cette Convention leur assure une garantie d’écoulement de la totalité de leur production, un engagement de prix sur cinq ans assorti d’une augmentation de leur revenu à la tonne de canne livrée, ce qui a représenté en 2017 une augmentation totale de revenu agricole à hauteur de 7,2 millions d’euros. La Convention Canne a été signée par tous les représentants des syndicats agricoles, ce qui n’était pas arrivé depuis 1996. En 2017, la filière Canne-Sucre a ainsi montré sa capacité à faire face à des chocs extérieurs d’ampleur, tout autant que sa résilience et l’engagement
de ses acteurs au service du territoire.

Aujourd’hui, certains défis majeurs doivent encore être relevés. Nous devons, au fur et à mesure, obtenir l’exclusion des sucres spéciaux des concessions tarifaires accordées par l’Europe aux pays tiers dans le cadre des nombreux accords commerciaux qu’elle négocie. Alors que se négocie la future PAC, il est également vital pour nos filières agricoles que les programmes POSEI se poursuivent sans aucune réduction budgétaire.

Pour cela, nous devons continuer à nous montrer unis : rester en ordre de marche, c’est toujours faire progresser notre filière. Atout majeur de la filière Canne-Sucre réunionnaise, sa gouvernance paritaire est un modèle de gestion partagée qui en assure le fonctionnement global et aussi technique.

En 2018, les épisodes climatiques tels que Berguitta ou Fakir sont là pour nous le rappeler : il faut savoir se préparer à la tempête et pouvoir réparer les dégâts, le cas échéant. Et c’est bien au sein des différentes instances que sont le CPCS,
le CTICS et les CMU que sont débattues et décidées
les actions les plus appropriées à mettre en œuvre.”

Philippe Labro
Président du Syndicat du Sucre de La Réunion

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