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Lettre Sucre n°36 Une filière prête pour de nouveaux défis

Lettre Sucre 36 - Un pari vers l'avenir

Borer et ver blanc, sécheresses et cyclones, effondrement des cours du sucre et nouvelles règlementations : depuis deux siècles, entre crises agricoles et crises économiques, la filière Canne-Sucre réunionnaise a parfois plié mais n’a jamais cassé ! Aujourd’hui, elle est prête pour de nouveaux défis.
Qu’on se le dise : après plus deux siècles alternant crises
et succès, la filière Canne-Sucre réunionnaise n’entend pas courber l’échine.
Deux récents défis en font encore la preuve : la fin des quotas sucriers libéralisant le marché du sucre en Europe et l’ouverture du marché aux pays tiers, qui s’est soldée par une augmentation des accords commerciaux avec ces pays. Ces nouveaux challenges, la filière est en passe de les relever. Et elle le fait d’autant mieux que la Commission européenne est parfaitement consciente de son rôle structurant sur le territoire réunionnais.
Pour autant, la vigilance reste de mise, d’une part, car ces accords se multiplient et sont chaque fois l’occasion d’âpres négociations pour réussir à exclure nos sucres spéciaux des concessions commerciales accordées par Bruxelles et maintenir un débouché essentiel à la production réunionnaise sur ce marché de niche, d’autre part, car le maintien du budget du POSEI est également crucial pour nos économies.
Reste que le match se joue aussi à domicile. Au-delà des joutes européennes, désormais d’une importance capitale, la filière doit ainsi relever le gant au niveau local. Avec une nouvelle Convention Canne qui a permis notamment d’augmenter le prix de la tonne de canne, chaque acteur de la filière est aujourd’hui en mesure de se mobiliser et d’anticiper pour préparer l’avenir. Sérénité et détermination permettront d’affronter les nouveaux enjeux qui déjà se profilent.

Côté champs, protéger le foncier cannier reste une priorité. Chaque parcelle perdue, en friche ou abandonnée
à l’urbanisation, affaiblit la filière tout entière. D’où l’importance de conserver cette capacité de production pour l’économie
de l’île. Il faudra par ailleurs continuer à renforcer la compétitivité des exploitations agricoles afin d’augmenter le revenu des planteurs. Cela passe par le développement de nouvelles variétés, mais aussi par l’amélioration des itinéraires techniques et l’expérimentation de nouvelles méthodes de travail. Sur ce dernier point, les chercheurs ont des pistes ; la plus prometteuse concerne l’étude du génome de la canne. Alors que le temps de sélection d’une variété est encore de quinze ans aujourd’hui, l’objectif est de trouver des marqueurs génétiques qui permettront de réduire drastiquement ce délai. Les planteurs disposeront ainsi plus rapidement de nouvelles variétés correspondant à leurs besoins et tenant compte des évolutions climatiques.
Côté industrie, le premier défi est d’améliorer sans relâche les performances : productivité, fiabilité des équipements, innovation technique des usines. Le second est de rapatrier le maximum
de valeur ajoutée à La Réunion : en conditionnant davantage dans l’île et en parvenant à raffiner localement tout le sucre brut en sucre blanc. Un projet de raffinerie à La Réunion est
à l’étude actuellement. Sur la partie commercialisation, l’enjeu est de conquérir de nouveaux marchés de niche et de trouver des solutions innovantes pour que le sucre réunionnais corresponde toujours davantage aux attentes des clients et soit mieux reconnu au niveau européen. De nouvelles gammes de sucres spéciaux répondant aux besoins de l’industrie agroalimentaire sont ainsi à l’étude : du sur-mesure pour des clients très spécifiques. Une autre piste : mieux mettre en avant l’origine et la qualité « Réunion » et obtenir de certains distributeurs, l’engagement
de les valoriser.
Plus que jamais, la filière Canne-Sucre de La Réunion a confiance en l’avenir : si les défis ne manquent pas, la volonté commune de chacun des acteurs de faire progresser la filière, et donc La Réunion, demeure une garantie de succès sur le long terme.

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